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La Famille Belc
Je suis arrivée un dimanche de juillet dans la ville de Nantes. Résidence universitaire, campus, salles de classe, cantine… je redevenais étudiante (bien qu’un professeur qui prend son métier au sérieux n’arrête jamais d’étudier). Au Centre International d’Etudes Pédagogiques, un groupe d’excellents professeurs nous ont aidés à modeler la langue dans laquelle nous travaillons grâce à des jeux, des poèmes, du matériel, des théories à réutiliser en classe. Mais, il en résulte surtout une expérience unique : être dans une salle de classe avec des gens de toutes religions, idées, cultures, races, sexes, avec lesquels on partage le même métier. 400 professeurs d’environ 70 pays, de la seule langue qui se parle et s’enseigne sur les cinq continents. Et nous n’avions pas que des cours ou des modules : nous avons également partagé des visites de musées, des sorties touristiques, des galettes et des crêpes… c’était la vie. Des fêtes où nous avons présenté nos pays, vêtements, danses et cultures. D’adorables Nigériennes, de magnifiques Arabes ou de sympathiques Centrafricains. Comme dans la chanson de Sabina, « le noir dansait avec l’ukrainienne… ». J’ai eu la chance d’apprendre et de connaître des expériences avec chacun d’entre eux. Là, on peut réfléchir dans un cadre privilégié à la force des siècles dans le sang : les latino-méditerranéens nous nous comprenons avec un simple regard ; Marocains, Algériens, Mexicains, Italiens… nous sommes faits de la même pâte. J’ai vu aussi à quel point l’Afrique, l’Amérique ou l’Asie sont remplies de personnes chaleureuses, proches, sympathiques. Et que les Français et les Espagnols sont des frères et des voisins depuis toujours. J’ai aussi remarqué, l’appel du sang arabe : mon amitié avec des jordaniens, des libanais et des égyptiens… le prouve. Il suffit de dire que j’ai maintenant des amis pour toujours en France, en Algérie, au Nigéria, au Vietnam … avec lesquels je reste en contact. Grâce à ce stage, je sais que j’aurai toujours une place dans de nombreux endroits du monde, et de la même façon des personnes de différents pays et de différentes couleurs de peau sont invités et seront les bienvenus chez moi. Et encore la promesse de nous retrouver, Français, Libanais, Canadiens, Espagnols.. À Madrid, ou bien de voyager au Maroc, en Egypte ou en Jordanie. Au cours de ce séjour, j’ai eu la chance de vivre dans un micro univers privilégié où il y avait de tout. Des collègues, des amis, des personnes que je n’oublierai jamais. Dieu, Allah, ou l’esprit le plus laïque, athée ou révolutionnaire se promenaient dans le Centre International de Langues. On pouvait palper les mille et une choses qu’une langue peut unir… c’était une bénédiction, grâce au fait d’avoir appris la langue française. Depuis cet été, chaque fois que j’entre dans une salle de classe, je sais qu’à travers le monde, il y a des amis et des inconnus qui font la même chose que moi, qui prennent du plaisir en enseignant les mêmes choses et qui parfois rencontrent les mêmes difficultés. Cela aide à progresser dans le travail, à se sentir soutenu par un réseau de professionnels. Cela fait que je me sente mieux dans le monde et dans le métier. J’ai commencé un stage et j’ai fini avec une famille, une famille « mondiale ». . Merci Mme Hanadi et… « à tout à l’heure, famille Belc !!! »
Farah Hankir |
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